Une générosité sans frontières

20 février 2018

Guidée par un vécu, un souvenir ou l’histoire d’une vie, la générosité peut prendre diverses formes. Transcender le temps et traverser les océans, pour donner sens à l’action et contribuer à l’intérêt général. C’est ce que Claude Le Flem, citoyen Belge établi depuis près de 50 ans dans la ville de Québec, vient de réaliser, avec l’aide de KBF Canada. À travers la création du Fonds Madeleine Crab, M. Le Flem entend aussi bien honorer la mémoire de sa maman que soutenir des jeunes de l’Athénée Royal de Gembloux (Belgique) désireux de réaliser des études supérieures, mais qui n’en ont pas les moyens.

Hommage maternel

 

Marqué par le décès précoce de sa maman, Claude Le Flem se souvient : “Même si j’étais encore jeune – j’avais 15 ans à l’époque – je garde d’elle le souvenir d’une femme très aimée, de sa famille bien sûr, mais aussi de ses élèves et de leurs parents”.

Institutrice maternelle de profession, Madeleine Crab a réalisé l’essentiel de sa carrière professionnelle dans plusieurs écoles de Gembloux.

“À son décès, un défilé civique a été organisé, en présence de personnalités de la commune. Ma maman était une figure publique à Gembloux”, explique M. Le Flem. Il complète : “Ce Fonds représente une façon de lui rendre hommage et de commémorer sa mémoire”.

 

 

Des études, coûte que coûte 

Parce qu’il a lui-même fréquenté les bancs de l’Athénée Royal de Gembloux et passé l’essentiel de son enfance dans cette commune, soutenir des jeunes de l’Athénée lui est apparu comme une évidence. Ici aussi, son histoire a été déterminante : “Je viens d’une famille économiquement fragilisée. Mes grands-parents étaient ouvriers et le peu d’argent qu’ils avaient, ils le dépensaient dans les soins apportés à ma maman. J’ai vécu moi-même une situation difficile qui m’a empêché de faire des études universitaires “. Dans un premier temps, du moins. Car à force de détermination et de courage, M. Le Flem aura finalement la possibilité d’entamer des études de linguistique à l’Université libre de Bruxelles. Il émigrera ensuite au Canada, où il poursuivra son cursus universitaire et deviendra professeur à l’Université Laval (Québec), qu’il ne quittera plus.

C’est bien pour soutenir des jeunes qui veulent poursuivre des études supérieures, mais dont la situation financière ne le permet pas, que le Fonds Madeleine Crab a été créé. “J’ai le souvenir de ma propre précarité” ajoute M. Le Flem. “Si je peux aider des jeunes en difficulté en leur permettant de faire des études, je me dis que cette expérience aura eu un sens”.

Aider, de diverses manières

Doté d’un budget d’un million de dollars canadiens, le Fonds prévoit d’attribuer des bourses à des élèves de terminale/rhétorique de l’Athénée Royal de Gembloux. Les jeunes seront sélectionnés par un jury sur la base de critères précis, tels que le profil socioéconomique de la famille, la qualité des résultats scolaires ou encore la motivation et la personnalité. Le Fonds a par ailleurs une vocation de pérennité : le capital initial sera préservé ; seuls les intérêts seront prélevés annuellement. Ainsi, avec le temps, il pourra venir en aide à de très nombreux jeunes.

Mais le soutien ne se limite pas au seul aspect financier : “Donner de l’argent, c’est bien mais ce n’est pas suffisant” complète M. Le Flem. “L’encadrement fourni par KBF Canada me paraît essentiel pour maximiser les chances de réussite des jeunes dans leur parcours académique”. Le soutien pourra prendre des formes variées : effectuer un stage de langues durant les vacances, aider les jeunes à trouver un stage dans une entreprise, favoriser les contacts avec des ‘mentors’ qui travaillent dans les métiers qui intéressent les jeunes soutenus…

Écoute, confiance, conseil

Pour concrétiser un tel engagement, M. Le Flem a pu compter sur l’aide et le professionnalisme de KBF Canada. “Notre métier, c’est d’être aux côtés des donateurs pour les aider à concrétiser leurs ambitions et leurs souhaits philanthropiques” explique Benoit Fontaine, Directeur de KBF Canada. Et permettre à des citoyens (ou des organisations) basés au Canada de soutenir des individus ou des projets en Europe, notamment. “Nous leur offrons un encadrement juridique et financier, une expertise de contenu, un vaste réseau et une capacité de travail à l’international. Nous développons une véritable approche de la philanthropie sur mesure, en tenant compte des souhaits exprimés”, complète-t-il.

Claude Le Flem trouve auprès de KBF Canada une oreille attentive. “Nous avons passé beaucoup de temps à discuter, nous avons partagé nos expériences de ce qu’implique vouloir aider des jeunes fragilisés, et nous avons envisagé ensemble la meilleure façon de mettre en œuvre son projet”, poursuit Benoit Fontaine. Une relation de confiance qui a permis d’aboutir rapidement – en quelques semaines seulement – à la création du Fonds Madeleine Crab. Et d’envisager sereinement son mode de fonctionnement, jusqu’à la composition du Comité qui sélectionnera les étudiants boursiers.

“Sans l’intervention de KBF Canada, je n’aurais jamais pu concrétiser ce projet qui me tient tant à coeur”, conclut M. Le Flem, soucieux de la pérennité de son action.

Une pérennité que l’Athénée Royal de Gembloux a symbolisé par la plantation d’un arbre – un érable, évidemment – assorti d’une plaque commémorative au sein de l’établissement scolaire, le mercredi 23 mai 2018. Un geste de reconnaissance, pour l’éternité.